Ma rencontre avec Russell
Tout a commence un soir devant ma télévision confortablement installée dans un canapé a Bermondsey. Je zappais follement afin de trouver quelque chose qui pouvait peut être m’intéresser quand, tel un Jésus, il est apparu dans mon petit écran. Russell Brand.
Mais qui est donc ce jeune homme surexcité qui rigole a ses propres blagues et imite des voix féminines ? Ce n’est autre que l’un des hommes les plus drôle et sexy de l’Angleterre de la tolérance, combinant ainsi glorieusement charme et humour !
J’ai alors commencé a doucement m’accrocher a ce personnage racoleur, suivant les émissions ou il était, regardant les vidéos sur internet le concernant et surtout me languissant après les milliers de photos de lui peuplant le Google Image.
Je me rappel que dans mon ancien emploi, mes collègues avaient découpée une photo de lui dans le journal pour la coller sur mon écran d’ordinateur, il était alors la, près de moi au cours mes longues journées de labeur.
Etant devenue une fan de « how I met your mother » série cultissime, j’avais décidé de regarder un film intitulé « Forgetting Sarah Marshall » avec comme acteur principal l’un des protagonistes de la série. C’était avec un grand plaisir que j’avais découvert que dans ce film bien que moyen, le Magnifique Russell Brand jouait un chanteur Anglais ( du groupe Infant Sorrow) foncièrement tourné vers le sexe (aucune idée de ou leur était venu de donner ce penchant a ce personnage). Non seulement j’avais pris un grand plaisir a regarder le film (pour les acteurs plus que pour le film) mais j’avais aussi beaucoup apprécié la qualité de la performance Musicale de l’énergumène.
J’avais alors redoublé d’effort pour trouver plus de vidéos sur internet lié a Russell Brand et notamment toute ces interview hilarantes et politiquement non-correctes qu’il avait pu faire a l’occasion de la sortie du film.
A la suite de cela j’ai fait quelques recherches pour savoir s’il était susceptible de refaire des spectacles live et c’est a ma grand bonheur que j’ai eut vent de sa prochaine tournée au début de l’année 2009. J’ai donc pris deux billets pour moi et mon acolyte Lucy. Malheureusement les billets sont pour des places au fond en haut, derrière le poteau et je pense que tout ce qu’on va pouvoir voir c’est une espèce de tige noire qui gigote au loin !
A l’occasion de cette recherche, je m’étais abonné a une mailing-list Monsieur Brand. J’ai alors reçu il y a une semaine un email disant que Russell avait écrit un nouveau livre qu’il comptait dédicacer lors d’une « conversation » avec David Baddiel autour du livre. J’ai alors sautée sur l’occasion pour rencontrer ce jeune homme plus tôt que prévu. J’ai pris deux billets, et me suis préparée psychologiquement a cette rencontre.
J’ai tout d’abord été dans cette librairie sponsorisant le lancement du livre pour l’acquérir. Ca fait tout de suite moins ringard d’avoir le livre en question lors d’une soirée dédicace… Malheureusement les libraires n’avaient aucune idée de quoi je parlais. Le lendemain je décidais d’acheter le livre en ligne et attendait avec impatience l’arrivée par la poste de mon précieux.
La veille de l’événement, j’avais bien compris que le livre n’arriverait jamais a temps et qu’il était préférable que je retente les librairies ! MIRACLE ! Il était la, posé sur sa petite étagère avec son écusson 5 pounds de réduction. Je l’ai donc pris dans mes bras et ramené dans ma maison.
Le lendemain, c’est le grand jour. Cheveux peignés, boucle de ceinture serrée, bijoux astiqués….La journée est longue a imaginer tous les scenarios catastrophes, imaginons que… les billets achetés ne sont pas bons, ou ….que le cinéma ne retrouve pas la réservation, ou …que Russell « can’t be bothered » pour venir, ou …que ma camarade de la soirée ne puisse pas venir. Je n’y peux rien j’ai une nature d’un positivisme exceptionnel ! Bref, 5h00 de l’après-midi approchent, j’ai prévenu le patron : « Je te préviens je me casse des que je peux » a quoi on m’a répondu un « hihihihih Russell Mouah mouah mouah Russell ». Oui, il faut savoir que cet homme reste tout de même un incompris par une partie du monde (assez grande partie incluant ceux qui ne le connaissent pas, ceux qui ne parlent pas l’anglais, ceux qui s’en foutent royalement et ceux qui le trouvent tellement gay que ca les embêterai de l’écouter être drôle… )
J’arrive au cinéma, des photographes sont devant en pleine attente ainsi que des fans encore plus fans que les fans et qui arrivent comme moi beaucoup trop tôt. Mes billets étant a retirer au box office, je tente donc de rentrer dans l’enceinte. Les portes sont fermées, petite panique (JE SAVAIS QUE CA ALLAIT MERDER !!). Je demande a un des photographes, savez vous ou on peut retirer les billets ? Ce dernier me répond que c’est a l’intérieur qu’il faut rentrer demander, puis tente de faire la conversation en Français, « je parle le français vous savez ». Pendant que je répondais l’habituel « ouais cool génial allez salut », la porte s’ouvre, j’en profite pour atteindre le box Office et la je vois un de mes anciens colocataire a l’accueille.
« Hey ! Ca va ? Tu viens voir quoi?”
“Russell Brand”
“tu veux te faire rembourser?”
« euh non non j’aime bien en fait! »
« ah… »
J’attend alors devant le théâtre pendant un long moment (puisque j’étais arrivée bien trop en avance de peur d’être en retard (clever hu ?)) tout en m’amusant avec ce jeune homme qui distribue des prospectus pour le dernier DVD de Russell Brand, sans vraiment savoir ce qu’est le DVD ni qui est véritablement Russell. Je lui dis soudain, puisque je m’ennuyai : « tu veux que je t’aide a distribuer les prospectus ? » « Really ??? » « no… » C’est incroyable, ceci marche a tous les coups !
Pendant mon attente je vois les groupies qui arrivent par petits groupes, ou parfois seul(e) dans la solitude solitaire des gens nases qui viennent trop tôt et qui doivent attendre. Beaucoup de personnes ont mis leur black skinny jeans….un peu comme les fans de Johnny mettent des t-shirt avec des têtes de loups, des aigles ou Johnny Halliday lui-même sur une Harley !
Si j’étais une star, est ce que j’aimerai vraiment que tous mes fans arrivent habillés comme moi ou en fonction de ce que je représente ? J’imagine bien une salle entière de personnes habillées en violet pour me faire plaisir avec des caches-nombrils.
Plusieurs personnalités arrivent pendant que j’attend toujours dans le froid…seule ; notamment le magnifique David Walliams de Little Britain ainsi que le drôle et chevelu Simon Amstell de « never mind the Buzzcocks ».
L’heure d’entrer a sonnée, Lucy est arrivée, nous voila dans la foule a chercher nos places, bien au fond, comme d’habitude…. David Baddiel arrive, nous informe que ca va pas être long parce que Russell s’est planté dans les dates et que malheureusement il avait déjà un rendez vous… un Match de foot en fait.
La suite est un ramassis de blagues a la fois sur le foot (ahah l’arbitre qui invente des buts et dont toute rediffusion du match est interdite… Ohohoh Les fans de West Ham.. blah blah blah… ) mais aussi des blagues de mauvais gouts (oui oui je sais que cet entraineur est fasciste, mais on l’excuse pour être si bon…pas vrai Baddiel, mon ami juif) et des blagues qui ne font rire que certains (oui, j’en fais parti) et qui donne des grand OOOh de la part d’autres (« la dernière fois dans votre show radio il y avait ce petit garçon ayant le cancer qui est venu parler de …. Etes vous jaloux de lui ?! » « oh oui j’adorai avoir le Cancer moi aussi.. » )
Tout ceci dura donc une heure comme prévu, puis est venu le moment des signatures de livre. Cela a duré 1 ou 2 heures puisque tout le monde a eut droit aux gribouillis de Russell sur son bouquin (soit environ 350 personnes). Arrivée notre tour, il était allongé sur la table telle une diva fatiguée. Cet homme a, je dois le dire, un visage ENORME !
Peu de temps avant mon tour je ressemblerai a ce qui pourrait être défini par le nom d'un magnifique restaurant qui se trouve sur la route du travail le matin, a savoir "the Giggling Sausage". Lucy avait pu comme moi constater que de nombreuses filles n'hésitaient pas a demander des baisers auquel il donnait réponse positive quand ca lui chantait. Une avait du être remise a sa place puisque, vu le langage corporel elle avait tenté d'enfourner sa langue dans la bouche du comédien qui l'avait repoussé avec un "non faut pas déconner".
Dans ma tête de jeune fille de 26 ans les faits étaient simples : y a pas moyen, c’est que des creuvardes les filles ou quoi !?
Dans mon ventre de fille de 15 ans, des papillons virevoltaient en chantant : « vas y hihihi on s’en fout hihihi on est jeune hihihi t’es con hihihi ».
Il est évident que les papillons bourrés aux hormones ont clairement gagnés ce soir la. Lucy m’avait dit aussi pour pousser la voix des papillons : « tu t’en fous et si tu le fais pas, tu vas regretter a la sortie parce que y a moyen ! »
Bon, évidemment que y avait moyen, le jeune comédien a un fan club essentiellement constitué de jeunes filles aux genoux qui flanchent des qu’il fait une blague en remuant sa chevelure. Il a su assoir sa notoriété en donnant satisfaction a ces jeunes demoiselles par des baisers au moment des rencontres, rendant son personnage accessible a tous.
BREF ! Y a moyen, OK, mais faut quand même demander avec une phrase choque ! « tu m’embrasses ? » … non trop tarte, « ca te dérange si je t’embrasse ? » … non, tu demandes pas la charité non plus….
C’est la qu’elle est apparue, la phrase la plus naze du monde…. « Accepteriez vous d’être le premier anglais a embrasser une French Mademoiselle ?» C’est bon ca ! Ca pue grave le bidon! En plus c’est gnan-gnan a mourir, ca va passer! CA VA PASSER !
Je m’approche alors, tend mon livre a une des 4 personnes l’entourant (y compris un garde du corps qui doit s’occuper de dégager les ados sautant sur les braguettes) et dans lequel un post-it ou mon prénom était inscrit orne la deuxième de couverture.
On lui présente mon livre et alors que je ne sais si je dois avancer, reculer, vomir ou retomber dans le rôle de la « giggling sausage » il me lance un « hey salut toi » ….
Ok, ca sera donc un pas en avant et un petit « hihihi ». C’est le moment ou jamais, dire la phrase choque....ca fait 5 minutes que tu l’as répète avec Lucy TU PEUX LE FAIRE TU PEUX LE FAIRE !!!
« Would you mind being the first Englishman to kiss this French Mademoiselle?” La honte... la honte! “but of course!”
C'est alors que mon visage est entourée de deux mains qui m’approchent doucement de son ENORME visage, ensuite des lèvres pulpeuses se collent sur ma bouche ... ainsi que mon menton et le dessous de mon nez (ENORME LA TETE JE VOUS AI DIT !).
Ceci dur 5 secondes mais semble une éternité. Il me rend mon vsage, mon livre et avec un large sourire me dit quelque chose comme « nice ankle » (jolie cheville). Revoilà alors la Giggling Sausage Hihihihi j’ai pas compris !
Je comprendrais après grâce a Lucy qu’il avait dit « nice Angle » signifiant que j’avais bien amené le « Embrasse moi, grand fou ».
J’ai tenu une soirée entière avec un sourire aussi con qu’un sourire puisse être ; et c’est donc ainsi qu’a 33 ans, Russell Brand a embrassé en toute légalité une gamine de 15 ans un soir après une conversation sur du foot.
Au prochain épisode je vous expliquerai comment Russell Brand s'est retrouvé a appeler mon Grand pere....